VII. Vers un « nouveau regard » sur le dessein divin, à la lumière des Écritures

L’intuition fondamentale de cet ouvrage est que le peuple juif restera extrinsèque, voire étranger au peuple chrétien tant qu’on ne recourra, pour en sonder le mystère, qu’à une théologie ecclésiocentrée. Certes, l’histoire – tant ancienne que moderne – du peuple juif suscite toujours un certain intérêt dans le public chrétien, mais il s’agit, sauf exception, davantage d’une curiosité intellectuelle que d’un attrait spirituel. On est au stade du « eux-et-nous », et pas encore à celui du « nous » tout court. C’est dire que ce n’est pas une histoire de famille.

Et cependant, tant le passé que le devenir des deux communautés de foi semblent bien relever de la typologie de l’histoire biblique d’Israël, avec ses deux royaumes concurrents : Juda et Israël. Et l’expression de Jérémie 33, 24, plusieurs fois citée dans ces pages, nous paraît seule apte à rendre la composante relationnelle voulue par Dieu entre les deux peuples : « les deux familles que Dieu a choisies ».

Malheureusement, aux yeux des spécialistes, cette saisie des choses relève plus de la mystique (au sens péjoratif que certains s’obstinent à donner à ce terme), que de la « saine doctrine » – entendez : de la compréhension qu’ont les théologiens, de la révélation biblique, en général, et de la révélation chrétienne, en particulier. C’est peu dire que la lecture scripturaire pratiquée ici n’a pas l’agrément de ces spécialistes. Qualifiée dédaigneusement de « littéraliste », avec tout ce que cet adjectif connote de naïf, voire d’ignare, si ce n’est sectaire, elle n’est officiellement pas prise au sérieux par les interprètes de la Loi, que fustigeait Malachie, en ces termes (Ml 2, 8) :

« […] vous vous êtes écartés de la voie ; vous en avez fait trébucher un grand nombre par l’enseignement […] »

Leurs semblables discréditaient Jésus au nom de l’insuccès de son enseignement auprès des élites juives (Jn 7, 48) :

« Est-il un des notables qui ait cru en lui ? Ou l’un des Pharisiens ? »

Mais lui les a stigmatisés pour toujours, en la personne des docteurs de la loi, des scribes et des pharisiens qui lui étaient hostiles (Lc 11, 52 = Mt 23, 13) :

« Malheur à vous, les docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ! Vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés !« .

La clé de la connaissance, c’est l’Écriture. Et ceux qui noient son sens évident sous le flot de leur savoir livresque, empêchant ainsi les fidèles de comprendre les paroles de Dieu dans leur simplicité, tombent sous le coup de cette autre invective de Jésus (Mt 15, 6) :

« Vous avez invalidé la parole de Dieu au nom de votre tradition. »

Ce n’est pas ce qu’ont fait maints Pères et écrivains de l’Église des premiers siècles, qui, comme on le verra, lisaient les Écritures de manière à la fois littérale et spirituelle, sans recourir aux arguties littéraires des esprits orgueilleux qui refusent l’incarnation, choquante, à leurs yeux, du dessein de Dieu.

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