VIII. Israël, étape ultime de l’incarnation du dessein divin, ou faux messianisme ?

« Alors il me dit : « Fils d’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Les voilà qui disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, c’en est fait de nous. C’est pourquoi, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur L’Éternel. Voici que j’ouvre vos tombeaux ; je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple, et je vous ramènerai sur le sol d’Israël. Vous saurez que je suis L’Éternel, lorsque j’ouvrirai vos tombeaux et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, mon peuple. Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez, et je vous installerai sur votre sol, et vous saurez que moi, L’Éternel, j’ai parlé et je fais, oracle de L’Éternel. » » (Ez 37, 11-14).

« Et, comme il était assis sur le mont des Oliviers, les disciples s’approchèrent de lui, en particulier, et demandèrent : « Dis-nous quand cela aura lieu, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du temps [présent] ». Et Jésus leur répondit : « Prenez garde qu’on ne vous abuse. Car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : C’est moi le Christ, et ils abuseront bien des gens. Vous aurez aussi à entendre parler de guerres et de rumeurs de guerres ; voyez, gardez-vous de vous alarmer, car il faut que cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin… » » (Mt 24, 3-6).

Il est étrange que nos contemporains, en ce compris nombre de théologiens chrétiens, tombent sans le savoir dans une espèce de transposition de l’hérésie du docétisme. Rappelons que les docètes (IIe et IIIe siècles), incapables d’accepter le réalisme – à leurs yeux, trivial et blasphématoire – de l’incarnation du Verbe de Dieu, affirmaient que le Christ n’avait fait que revêtir une « apparence » humaine. Toutes proportions gardées, c’est une perception semblable qu’ont du peuple juif de nombreux chrétiens. Certes, cette conception n’en nie pas la réalité sociologique, voire ethnique, mais elle traite des juifs comme d’un peuple à l’état de fossile biblique et théologique, en quelque sorte.

On s’étonnera peut-être de cette affirmation. On me fera remarquer qu’après avoir exclu les juifs de la société chrétienne durant de longs siècles, puis les avoir marginalisés, et enfin admis, ratifiant, après de longues résistances, leur intégration dans la société civile par la Révolution française, l’Église, à la suite du Concile Vatican II, a regretté son hostilité multiséculaire à leur égard et changé d’attitude. Il est vrai – ce livre et d’autres avant lui en témoignent – que ce qu’on a appelé le « nouveau regard » de l’Église sur le peuple juif constitue un retournement majeur. Mais les nombreuses résistances, théologiennes autant que populaires, à cette nouvelle orientation de l’Église, n’invitent-elles pas à se demander si la perception chrétienne du statut théologique et du rôle de ce peuple dans l’histoire du salut a fondamentalement changé ?

Par ailleurs, faut-il donner raison aux voix, de plus en plus nombreuses, qui s’élèvent, en milieu chrétien, pour mettre en garde contre une lecture fondamentaliste et « philosioniste » des Ecritures ?

C’est à ces deux questions cruciales que cette dernière partie de mon travail va tenter de répondre.

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